PS5 et PS6 : Ken Kutaragi approuve le choix de Sony d’abandonner les disques

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Les joueurs qui achètent leurs jeux en boîte vont-ils bientôt perdre le choix du format sur PlayStation ? Et un jeu numérique est-il vraiment « possédé » quand son accès dépend d’un compte et d’une connexion ? Ken Kutaragi, figure historique de Sony, comprend l’attachement aux disques, mais estime que leur maintien n’est plus économiquement raisonnable. Son soutien au virage numérique intervient alors que la stratégie évoquée pour la PS5 et la future PS6 nourrit déjà la colère d’une partie du public. À mes yeux, le débat dépasse le simple lecteur de disque : il oppose la commodité de la distribution numérique à la liberté de conserver, prêter ou revendre un jeu.

Interrogé par VGC lors de l’événement Game Republic New Horizons, à Middlesbrough, l’ancien dirigeant a aussi défendu une vision plus large de l’industrie du jeu vidéo : demain, les consoles de jeux pourraient devenir des terminaux connectés, voire céder une partie de leur rôle au cloud et à l’intelligence artificielle. Cette évolution a une logique économique, mais elle soulève une question essentielle pour les joueurs : qui contrôle l’accès aux jeux dématérialisés lorsque les supports physiques disparaissent ?

Ken Kutaragi soutient l’abandon des disques chez Sony

Ken Kutaragi ne nie pas la frustration des joueurs attachés aux boîtes. Il considère cependant que consacrer des ressources à la fabrication et à la prise en charge des disques n’est plus forcément justifiable pour Sony, à mesure que les connexions à Internet se généralisent.

Son argument tient aussi à la perception de la propriété. Selon lui, les joueurs associent spontanément le disque à la possession, alors qu’un smartphone connecté permet de garder l’impression de conserver ses contenus sans support physique. Il ramène donc une partie du désaccord à une question d’habitude, sans pour autant effacer les enjeux très concrets de conservation et d’accès.

Sujet Position de Kutaragi Enjeu pour les joueurs
Disques physiques Leur maintien ne lui semble plus économiquement raisonnable Revente, prêt, collection et accès hors ligne
Jeux dématérialisés Ils s’inscrivent dans un monde largement connecté Accès lié aux comptes, aux services et aux conditions d’utilisation
Console connectée La PlayStation peut devenir une plateforme de contenus plus large Évolution des usages et risque de décalage avec les attentes des fans

Un soutien qui ne vaut pas annonce officielle

Kutaragi a quitté Sony en 2007 et ne dirige plus PlayStation. Ses propos éclairent la logique qu’il prête à la stratégie de l’entreprise, mais ils ne constituent pas une déclaration officielle de Sony ni une confirmation indépendante de tous les détails du calendrier évoqué pour 2028.

Il estime que l’arrivée de professionnels issus du streaming, notamment de Gaikai, a contribué à faire évoluer la façon dont certains responsables perçoivent la marque. La PlayStation pourrait alors être pensée non seulement comme une console, mais comme un terminal donnant accès à plusieurs types de contenus. C’est précisément là que se creuse le fossé avec les joueurs qui veulent d’abord une machine dédiée au jeu.

Pourquoi les jeux physiques gardent une valeur concrète

Le raisonnement économique de Kutaragi ne répond pas à toutes les préoccupations. Un disque peut se revendre, se prêter ou rester accessible sans dépendre à chaque lancement d’une boutique en ligne. Ces avantages comptent particulièrement pour les foyers qui partagent une console ou pour les collectionneurs qui souhaitent préserver leur bibliothèque.

Je trouve que le mot « mentalité » réduit un peu trop vite le débat à une résistance au changement. Quand une boutique ferme ou qu’un compte rencontre un problème, le joueur peut découvrir que l’accès à un achat numérique est moins simple qu’il ne l’imaginait. Cette inquiétude a déjà nourri des discussions sur les droits liés aux jeux achetés, comme le montre cet article consacré à l’accès aux jeux numériques après un bannissement.

Je pense à une scène très ordinaire : quelqu’un prête un jeu en boîte à un proche pour le week-end, sans formulaire ni connexion à vérifier. Ce geste paraît modeste, mais il révèle une liberté que le téléchargement ne reproduit pas toujours. À l’inverse, j’ai aussi vu combien il est pratique de lancer un jeu sans changer de disque ; le numérique gagne sur la simplicité, le physique sur l’autonomie.

  • Le disque facilite le prêt et la revente, deux usages qui ne dépendent pas d’une boutique en ligne.
  • Le téléchargement réduit les contraintes matérielles et permet souvent de commencer à jouer rapidement.
  • La fermeture d’un service ou un souci de compte peut compliquer l’accès à une bibliothèque numérique.
  • Le choix du format reste donc un enjeu de contrôle, pas seulement une préférence esthétique.

Les limites de la dématérialisation sont également discutées par des développeurs et des joueurs, notamment autour de la conservation et des conditions d’accès. Le sujet est développé dans ce point sur les choix controversés liés au tout-numérique.

PS5 et PS2 : les chiffres officiels à garder en tête

Sony a annoncé que la PS5 avait dépassé 80,3 millions d’unités expédiées dans le monde au 30 juin 2025. Ce chiffre correspond aux livraisons de la société, et non à un décompte exact des ventes finales aux consommateurs. Il montre toutefois l’ampleur du parc installé auquel la question du lecteur de disque s’applique.

La PlayStation 2, dont Ken Kutaragi a supervisé la création, a franchi le cap des 160 millions d’unités expédiées dans le monde, selon les chiffres historiques publiés par Sony. Cette réussite rappelle que les consoles peuvent traverser plusieurs générations de formats et d’usages. Elle ne prouve pas que le numérique sera accepté sans résistance : chaque évolution dépend aussi de ce que les joueurs estiment perdre ou gagner.

De la PlayStation au terminal connecté

Ken Kutaragi est souvent présenté comme l’architecte de la PlayStation originale, puis de la PS2 et de la PS3. Le projet PlayStation a pris forme chez Sony au début des années 1990, au sein de l’activité qui deviendra Sony Computer Entertainment. La première console est lancée au Japon en 1994 ; la PS2 suit en 2000 et la PS3 en 2006.

Le constructeur a conçu et commercialisé ces consoles, tandis que ses studios et partenaires développaient les jeux associés. Kutaragi a dirigé cette activité avant de quitter l’entreprise en 2007. Il a ensuite occupé des fonctions dans plusieurs sociétés, dont Rakuten, Kadokawa et SmartNews, et dirige aujourd’hui Ascent Robotics et Cyber AI Entertainment.

Sa conviction sur la connectivité ne date pas d’hier. Dès 2006, il envisageait que la distribution en ligne puisse rendre les disques, puis même les disques durs, moins indispensables. Lors de l’événement organisé à Middlesbrough, il a résumé cette trajectoire en rappelant qu’il imaginait déjà, à l’époque de la PS2, une fusion progressive entre les consoles et le réseau.

Le prix du matériel complique la transition

Kutaragi ne défend pas pour autant une fuite en avant technologique. Il s’inquiète du coût croissant du matériel grand public et juge malsain que des machines deviennent si chères qu’elles évoquent, dans son exemple, le prix d’une voiture. La hausse des coûts des composants et le rapprochement des architectures de consoles avec celles des PC accentuent cette pression.

Il avance que le cloud et l’intelligence artificielle pourraient un jour réduire le besoin de consoles dédiées, tout en précisant que cette projection n’engage pas officiellement Sony. Je vois là une contradiction utile : le numérique peut réduire certaines dépenses liées aux supports, mais il ne garantit ni des jeux moins chers ni un équipement plus abordable.

PS6 : la question du lecteur de disque reste ouverte

Pour la PS6, le débat ne porte donc pas uniquement sur la présence d’un lecteur de disque. Il touche à la stratégie de Sony, au prix de la machine et au modèle de distribution des jeux. Les informations relayées au sujet d’un arrêt des nouvelles sorties physiques à partir de 2028 alimentent les inquiétudes, mais les commentaires de Kutaragi doivent être distingués des décisions officielles de l’entreprise.

Je retiens surtout une ligne de fracture : pour les fabricants, le numérique simplifie la distribution et rapproche la console des services connectés ; pour une partie du public, l’achat d’un jeu doit rester un achat contrôlable. Les discussions sur l’avenir des jeux physiques sur PlayStation montrent que la PS6 sera jugée autant sur ses usages que sur sa puissance.

Un compromis pourrait préserver le choix

Sony pourrait chercher une voie intermédiaire : proposer une console principalement numérique, tout en maintenant un lecteur de disque optionnel ou une solution de transfert des achats physiques vers une bibliothèque numérique. De telles options ne supprimeraient pas tous les problèmes, mais elles reconnaîtraient que les habitudes des joueurs ne changent pas au même rythme que les infrastructures.

Un autre point mérite attention : le retrait des disques ne signifie pas automatiquement une baisse du prix des jeux. Les économies réalisées sur la fabrication et la logistique peuvent être absorbées par d’autres coûts ou par la politique commerciale de l’éditeur. C’est pourquoi les joueurs s’interrogent aussi sur le possible effet de l’abandon du format physique sur le prix des jeux PS5.

Au fond, je comprends l’argument de Ken Kutaragi sur la distribution numérique, mais je ne considère pas l’attachement aux boîtes comme une simple nostalgie. Pour la PS5 comme pour la PS6, l’abandon des disques ne sera accepté que si Sony répond aux préoccupations de propriété, de conservation et d’accès qui accompagnent les jeux dématérialisés.

Questions fréquentes sur Ken Kutaragi et les disques PlayStation

Ken Kutaragi travaille-t-il encore chez Sony ?

Non. Il a quitté Sony en 2007. Ses commentaires sur la stratégie numérique de PlayStation expriment son analyse personnelle et ne constituent pas une annonce officielle de Sony.

Pourquoi Ken Kutaragi soutient-il l’abandon des disques ?

Il estime que le maintien des supports physiques peut ne plus être économiquement raisonnable dans un monde où de nombreux joueurs sont connectés. Il reconnaît toutefois que les disques restent associés à la possession pour une partie du public.

Les jeux physiques PlayStation doivent-ils disparaître en 2028 ?

Des informations relayées en 2026 évoquent la fin des nouvelles sorties PlayStation sur disque à partir de 2028. Les propos de Kutaragi ne sont pas, à eux seuls, une confirmation officielle du calendrier par Sony.

Quels avantages les jeux en boîte conservent-ils ?

Un jeu physique peut généralement être prêté, revendu et collectionné. Il offre aussi une solution d’accès qui ne dépend pas entièrement d’une boutique numérique ou d’un compte en ligne.